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LES TURCS ONT PASSE LA.
La catastrophe. — Les hommes qu'on brûle.
Si la situation décrite se bornait aux détails donnés,
la ville d'Adana n'aurait pas subi tout ce qu'elle a
subi.
A l'annonce des premiers troubles, le consul d'An–
gleterre est arrivé de Mersine. Celui-ci se promenant
en uniforme à travers les rues réussit à calmer les
esprits et à encourager les chrétiens. De cette façon
les massacres n'ont duré qu'une seule journée, pen–
dant laquelle les arméniens n'ont pas été seuls à
déplorer des pertes; plusieurs musulmans ont été
également tués, car le quartier arménien, gardé par
la troupe de 50 jeunes gens dont il a été parlé a opposé
une sérieuse résistance.
Un calme relatif s'est rétabli en ville. Les coups de
feu ont cessé. Les arméniens qui se réfugièrent dans
les différents établissements grecs sont rentrés chez
eux. Mais le marché est resté fermé. C'est à Mersine
qu'il faut se fournir de vivres.
Cette situation a duré une semaine. Chacun espé–
rait que c'était la fin de la crise.
Mais quelques jours plus tard de nouveaux coups
de feu se firent entendre à l'aube. La foule armée se
précipita vers le fleuve où le bruit avait rapidement,
et l'on ne sait comment, couru que 15.000 arméniens
s'étaient réunis, venant de tous les villages environ–
nants et ayant à leur tête un arménien très connu et
dont le nom m'échappe (1).
Les esprits furent surexcités à un tel point que la
(
lj II s'agit de Gueukdérélian.
Fonds A.R.A.M