L E S T U R C S O N T P A S S É L A . .
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struction, composée de 15 pages, et contenant nos
interrogatoires, avec les réponses autographes
d'Assaf bey; ainsi que les copies des télégrammes
que le susdit sous-gouverneur a lancés au gouver–
neur d'Adana, au Ministère de l'Intérieur, aux
Caïmakams de Hamidié, Bahdjé et Iskenderoun,
à quelques autres Mudirs, aux divers commissariats,
aux commandants des Rédifs, au directeur du fort
de Payas, au commandant de la Gendarmerie de ce
même fort, aux autres commandants de Gendarmerie
des différents arrondissements. Des écrits de même
sens furent également adressés par l u i aux environs
de la province même.
La lecture de ces copies vous prouvera d'une façon
éclatante qu'Assaf bey est le principal coupable et
qu'il faut le rendre responsable des pillages, incendies
et massacres survenus dans le sandjak de Djebel-i-
Béreket.
Attendu que :
Assaf bey n'a pas pris en considération les pièces
officielles qu'il avait confiées lui-même, avec son
autographe, au procureur du Tribunal de première
instance d'Erzine. Les dites pièces exposaient qu'au
commencement du mois de septembre 1908, un cer–
tain Nouh, boucher à Payas, parlant aux chrétiens,
leur avait dit : « Vous n'avez plus que trois jours à
vivre » ; de même un certain Silo, de la ville de
Tchemechgadzak, disait: « Aiguisons nos haches ! ».
Là-dessus, les chrétiens commencèrent à se sauver
de tous côtés.
Attendu que :
Assaf bey n'a pas non plus pris en considération la
Fonds A.R.A.M