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L E S T U R C S O N T P A S S E
L A . .
lettre que lui avait adressée en date du 18 février 1324
le Caïmakam de Bahdjé, et qu'Assaf, à son tour,
envoya au gouverneur d'Adana, avec une lettre datée
du 19 février 1324 (1909). La lettre de ce Caïmakam
de Bahdjé contenait des menaces de massacre contre
les chrétiens de la part des musulmans.
Attendu que :
Quatre ou cinq jours avant les événements, Assaf
bey envoya au gouvernorat général d'Adana une
dépêche chiffrée faisant la description préalable des
événements déplorables ultérieurs, ces événements
n'ayant pas encore eu lieu : et portant en même
temps des plaintes contre Ilmi effendi, chef de la
correspondance, accusant celui-ci de fomenter une
révolution entre musulmans et chrétiens.
Attendu que :
Tout en connaissant, comme le montre la susdite
dépê che , les mauvaises intentions d'Ilmi, i l l'a en
voyé à Deurt-Yol le jour même des événements.
Attendu que :
Assaf lança partout des dépêches tendencieuses et
émotionnantes, accusant les Arméniens de Deurt-Yol
d'avoir, pendant une sortie, tué une foule de musul–
mans, et pillé tant de villages islams, que l'on n'ar–
rivait pas à envoyer à tous des secours immédiats ; et
disant que si on ne les arrêtait pas, ils marcheraient sur
la ville d'Adana. Or ces pauvres arméniens de Deurt-
Yol, loin de pouvoir tenter pareille sortie, étaient
pendant ce temps assiégés par quinze à vingt mille
pillards. Assaf aurait bien dû au contraire se souvenir
qu'en réponse à la lettre du Caïmakam d'Osmanié,
l u i indiquant les arméniens de Deurt-Yol comm
e
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