L E S T U R C S O N T P A S S É L A .
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Les Islams et Arméniens, enfants de la même
patrie, qui avaient vécu côte à côte pendant des
siècles, ces Ottomans commencent malheureusement
à s'entretuer. Ils tuent même Ilaroutioun Effendi
Chadriguian, membre du Conseil municipal, et
brûlent toutes les maisons et les magasins des Armé–
niens. Des milliers d'ouvriers journaliers venus de
Van, Diarbékir et Kharpert commencent à piller. —
Cet état, tout en diminuant pendant la nuit, continue
pendant trois jours consécutifs. Finalement le calme
se rétablit. On ramasse les armes des chrétiens, on
disperse la foule envahissante. Cette situation a
duré pendant 10 jours ; malheureusement, comme
il ressort, d'un recueil particulier, le 13 avril les
troubles recommencent par suite de l'inertie abso–
lue des autorités, et cette fois dans des propor–
tions très vastes, sur une grande étendue et d'une
façon excessivement déplorable. Le premier jour des
événements, l'ancien gouverneur, Djévad Bey, lanco
des dépêches aux environs de la ville dans le sens ci-
après : «
Des troubles ont éclaté dans Adana, il
est probable qu'ils vont se répandre,
convoquez
les rédifs.
»
Le mot
trouble
a fait supposer que les
Arméniens en général s'étaient révoltés ; d'autre part
des voyageurs de l'intérieur aussi, ayant répandu de
fausses nouvelles, les habitations des Arméniens des
alentours ont été incendiées, leurs biens pillés et les
Arméniens furent massacrés.
La cause principale des douloureux massacres dans
leDjébel Béréket
est le mutessarif (gouverneur) Assaf
Bey, qui par ses dépêches lancées follement a pro–
voqué des troubles. En même temps, un tas de mal–
faiteurs qui avaient leurs profits dans le pillage et le
Fonds A.R.A.M