214
E S T U R C S O N T P A S S É L A .
par les Arméniens, dont deux hommes et deux
femmes. L'enquête prouve l'inanité de ces bruits, et
la police arrête celui qui avait inventé ce mensonge :
la populace l'arrache des mains de la police elle-
même. Un peu plus tard, devant le gouvernorat, à
l'endroit même où se tiennent des soldats, un armé–
nien du nom de Loutfik, est assassiné comme
espion.
Le commissaire de police arrête aussi un individu
qui avait parlé d'assassinat ; mais le peuple l'arrache
aussi des mains du commissaire. Mercredi 1
e r
avril,
de bonne heure, Karakeussé Oglou Mahmoud est
arrêté, mais i l est repris à son tour par la populace.
Dans un moment aussi critique, les autorités civiles
et militaires ne donnent aucun signe de vie et de
force, de sorte que, le même matin, tout étant sens
dessus dessous, la populace se promenait avec des
armes et des gourdins.
Tandis que le gouverneur et le commandant, en
compagnie d'officiers publics et de notables de la
ville, parcouraient le marché pour faire ouvrir les
boutiques des chrétiens et disperser la classe ouvrière
islame: Une nouvelle arrive tout à coup, les Armé–
niens attaquaient le quartier
Tosbaghi.
Des ouvriers se mêlent aux islams qui courent de
ce côté pour sauver leurs familles et leurs maisons.
Quand les Arméniens voient cette foule, ils croient
qu'on vient attaquer leurs demeures et commencent
à décharger leurs armes. Au bruit des détonations,
l'émotion du public va en augmentant ; c'est le début
des événements. L'intensité des troubles provient de
ce que le nombre des ouvriers journaliers se montait
à 20.000 environ à ce moment à Adana.
Fonds A.R.A.M