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L E S T U R C S O N T P A S S É L A . .
mandant des soldats Nizamiés, le commissaire de la
police centrale, etc., etc.; cette pièce contient beau–
coup de détails. I l y est dit qu'au moment des trou–
bles une voiture passait dans le marché, conduisant
deux arméniens chargés de fusils et de munitions,
qui ont été séquestrés et remis aux autorités m i l i –
taires ; au même moment, un cavalier arménien galo–
pait vers le pont,
blasphémant la religion
musul–
mane,
c'est l u i qui aurait tiré le premier coup ;
presque en même temps un coup partait de la maison
d'Avédis Sislian, ancien drogman de la province (1),
en tuant un certain Tcherkez Mehmed ; ainsi les
troubles ont commencé sur différents points à la fois.
Les troubles se répandant, la population ouvrière
s'est jointe à la populace et a commencé à piller,
saccager et l'incendie a commencé pendant la nuit.
Massacres, pillages, incendie.
—
Aussitôt après le
commencement des événements, en conférant avec le
commandant militaire, nous avons décidé d'établir
l'état de siège et nous avons avisé la Sublime Porte.
Cependant i l était impossible de maintenir l'ordre
public avec 400 soldats quand 10 à 15.000 étrangers
se mettaient contre les 40 à 50.000 habitants de
la ville, d'arrêter, de refréner la populace pleine
de haine, de rancune, adonnée au pillage ; nous
n'avons pas pu décider l'état de siège et les événe–
ments ont duré 3 jours consécutifs. Entre temps nous
avons pris toutes les mesures possibles avec le
commandant militaire pour mettre fin aux troubles,
mais pour des raisons déjà énumérées nous n'avons
pas réussi à les arrêter ; nous avons fait venir deux
(1)
U n fameux espion du règne d'Abdul Hamid.
Fonds A.R.A.M