L E S T U R C S O N T P A S S E L A .
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dans la ville. Nous avons appris que, pendant la
même nuit, vers quatre heures, un maçon arménien,
Loutfik, avait été tué près du palais, par des musul–
mans qui y étaient amassés. Un examen médical a
été pratiqué et la police a ouvert une enquête pour
savoir la cause de cet assassinat et la façon dont
i l s'était perpétré. Toute la nuit se passa à conférer
avec le commandant militaire pour établir des rondes
militaires et pour prendre les mesures que la situa–
tion comportait.
Le
1
e r
avril.
—
Le matin, de bonne heure, nous
avons invité les notables et les ulémas au palais
gouvernemental pour renouveler les bons conseils.
Ayant appris que les arméniens fermaient leurs bou–
tiques et que les musulmans les imitaient, nous avons
aussi invité les notables arméniens à venir au palais
et nous les avons chargé d'aller donner de bons
conseils à leurs camarades pour que la situation ne
s'aigrît pas davantage. A ce même moment, nous
apprîmes que des troubles recommençaient ; nous
nous rendîmes du côté du marché pour faire circuler
la foule qui encombrait les rues.
A cause de la saison printanière, 10 à 15.000
ouvriers agriculteurs étaient venus du dehors et
avaient envahi les hans, augmentant la population
de la ville ; de sorte que ce qui était chassé d'un côté
allait se grouper plus loin et la ronde les suivait.
Le premier coup de feu.
—
Quand nous retournâ–
mes au palais, on entendait les premiers coups de
feu. Nous avons ouvert une enquête au sujet des
troubles. Ce rapport, que
je
joins au mien, est signé
par l'enquêteur en chef de la province, le comman–
dant de la police, le
commissaire
de police,
le corn-
Fonds A.R.A.M