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L E S T U R C S O N T P A S S É L A .
blessures. L'assassin n'ayant pas
pu
être déniché et
arrêté, le bruit courut qu'il fut sauvé par Garabet
Gueukdèrèlian et caché par les arméniens. Les auto–
rités employèrent toutes leurs ressources pour arrê–
ter le criminel et n'attachèrent aucune importance au
bruit courant, elles travaillèrent pour donner des
assurances. Là-dessus, les fêtes de Pâques arrivè–
rent. Comme depuis quelque temps une froideur
existait entre turcs et arméniens, i l eût été plus
convenable et prudent de ne pas tirer des coups de
feu
à cette occasion, mais loin d'écouter les ordres
donnés, plusieurs armes furent déchargées, troublant
les islams. Les autorités plantèrent des patrouilles
autour des églises pour éviter les incidents fâcheux.
2
°
Le faux bruit.
Le 31 mars (v. s.), une nou–
velle s'ébruita qu'une femme turque et quelques
hommes avaient été tués par des arméniens dans les
vignobles. Cette nouvelle se répandit très rapidement
dans la ville et pour des motifs que nous expliquerons
ultérieurement, la populace turque, déjà indisposée
à l'égard des arméniens, se réunit dans les quartiers,
dans les cafés autour du palais du gouverneur, fai–
sant des signaux et des démonstrations.
Là-dessus, nous fîmes faire une enquête à la police
et ayant constaté que la nouvelle était fausse, nous
donnâmes l'ordre de rétablir le calme, en répandant
la vérité. La nuit, je fis moi-même une ronde, accom–
pagné du pacha commandant militaire, nous donnâ–
mes des conseils et je m'efforçai de faire entendre
partout que la nouvelle était erronnée et qu'il ne fal–
lait pas ajouter foi à des racontars ; d'un autre côté,
nous essayâmes de dénicher ceux qui ébruitaient des
mensonges
et
nous fime»
circuler des patrouilles
Fonds A.R.A.M