L E S T U R C S O N T P A S S É L A .
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trouvait près du Catholicos à Sis, où i l s'était rendu
pour affaires personnelles. I l n'est pas sorti du cou–
vent une seule fois. Quinze jours après la fin des
événements, i l a été conduit bien enchaîné à la prison
d'Adana, où i l a passé presque un an. I l ignore l u i -
même la raison de cette injuste incarcération. Toutes
ses protestations d'innocence, toutes ses dépêches
adressées à Constantinople n'ont pas pu le faire libé–
rer.("Voilà encore une preuve indubitable d e l à Justice
turque. Le malfaiteur s'amuse librement, tandis que
l'innocent est accusé et exilé de sa ville natale, sans
preuves certaines.)
Comme Gueukdérélian était taillé en hercule et ne
craignait rien, étant un véritable colosse, la légende
imaginée par Assaf Bey était prise à la lettre par la
classe ignorante de l'Islam aveuglé par le fanatisme.
Assaf Bey avait agi savamment et malicieusement en
la créant ; i l cherchait absolument à faire verser le
sang arménien, en connaissance de cause, c'est-à-dire
pour l'anéantissement d'une race par l'Islam et i l a
réussi dans son rôle.
(
Voir le rapport Mostidjïan et Faïk Bey.)
Incarcération des arméniens innocents
Non satisfaits de la mise à mort d'une trentaine de
mille arméniens, victimes de la jalousie islame, les
turcs ont tourné les yeux du côté de ceux qui avaient
pu échapper par miracle aux massacres. Pour créer
un bon prétexte aux atrocités commises ou à com–
mettre, pour inventer surtout une raison plausible
Fonds A.R.A.M