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L E S T U R C S O N T P A S S É L A .
devant l'Europe spectatrice, les turcs ont créé un
gros mensonge, lourd dans ses conséquences :
Les arméniens se sont insurgés
ont-ils affirmé pour donner les apparences de réalité
à ce mensonge, i l fallait absolument jeter de suite à
la prison de nombreux rescapés arméniens ; c'est ce
qu'ils ont fait sans perdre un instant. Des centaines
de malheureux pères de famille, qui avaient eu la
chance d'échapper au fer et au feu, ont langui dans
des cachots et ont subi des tortures inouïes. Un tas de
tigres furieux, de bêtes sans logique, sans raisonne–
ment, ont donné, pour l'amour de l'argent, de faux
témoignages contre tel ou tel arménien innocent, en
les accusant comme des
fèdaï,
comme des criminels,
et ils se sont conformés à la diction de leur prophète
qui déclare : « Celui qui témoigne contre le guiavour,
quand même son témoignage serait faux, méritera
le paradis ».
Un musulman a massacré plusieurs arméniens, on
n'a pas même senti le besoin de l'arrêter ; par contre,
quand, au moment de la légitime défense, un turc a
été tué par les arméniens, des centaines de ces der–
niers ont été jetés à la prison, martyrisés, i l y en a
même de pendus...
C'est dans cet ordre de faits et d'idées que de
malheureux bouchers ont payé de leur vie les accu–
sations mensongères de la basse canaille (1). Voici
leurs noms :
(1)
Un a r m é n i e n , du nom de Boghos Agha, réfugié, pendant les
événements, dans la maison de Zia Effendi,
aide-trésorier de
Bahdjé, a été assassiné par un turc. Ce dernier a été gracié par
S. M . le Sultan à cause de son état de santé. (Voir le
Jamanak
du
27
janvier 1910.)
Fonds A.R.A.M