L E S T U R C S O N T P A S S É L A . . .
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Nous avons eu déjà l'occasion de relater quelques
passages du discours de Babiguian, démontrant les
faux jugements de la Cour martiale d'Adana, en don–
nant comme exemple une sentence contre un certain
arménien Kéchichian.
Voici encore un autre exemple, qui prouve une fois
de plus comment les sentences étaient rendues à tort
et à travers contre les innocents arméniens.
(
Extrait d'un article de
V Azatamart,
du 13/26 j u i l –
let 1909).
Procès de Samuel Avedissian.
M . Avedis-
sian était une des notabilités d'Adana, un des mem–
bres les plus influents de la Cour correctionnelle locale,
directeur-propriétaire du magasin :
Au bon Marché,
d'Adana. Cet homme a subi les conséquences affreu–
ses des massacres, comme suit :
Dans le but de se reposer loin des affaires, i l avait
fait construire une belle villa au quartier dit Yéni
Mahallé hors de la ville, près de la gare, où i l demeu–
rait déjà depuis deux ans.
Quand les massacres ont commencé, le 1/13 avril,
M. Avedissian se trouvait dans sa villa et était as–
siégé par des fellahs turcs.
Ce jour-là, des ouvriers agriculteurs arméniens
traqués se sauvant des vignes et des fermes, avaient
pu avoir la chance de se réfugier dans sa villa. A
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heures à la turque, avait lieu la première attaque
contre la demeure de M . Avedissian, de nombreux
fellahs turcs et arabes avaient tiré sur cette maison
pendant quelques heures, et les fuyards arméniens
qui se trouvaient à l'intérieur, avaient riposté avec
leurs fusils de chasse. La populace barbare voyant
que cela va traîner longtemps, court à la garnison
près de la gare et déclare que les
giaours
ont l'audace
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Fonds A.R.A.M