192
L E S T U R C S O N T P A S S E L A . . .
chian, qui avait touché 400 livres turques à la Banque
Ottomane d'Adana, contre un dépôt de sésame. A ce
moment-là même la fusillade éclate et cet homme
n'ayant pu sortir, se cache pendant trois jours consé–
cutifs dans le local de la banque. Mais, mis à l'index
par des mouchards, i l est traduit devant la Cour mar–
tiale qui le condamne à mort, comme un des fauteurs
des massacres.
5
° Les dommages causés, sont évalués par Zihni
Pacha aux deux tiers de la richesse de la province, et
comme habitations incendiées ou détruites le nombre
s'évalue au 1/6" des constructions.
6
° M . Babiguian ajoute : « que tout ce que les jour–
naux européens ont inséré, est encore
beaucoup au-
dessous de la vérité
et de ce que j ' a i vu moi-même. »
En effet, que d'efforts les journaux turcs n'ont-ils
pas employés pour faire croire au monde européen que
les Arméniens étaient les principaux coupables des
massacres d'Adana ; que de flots d'encre ont été versés
à l'usage des mensonges aussi criminels pour étouffer
la vérité ; que de prisons ont été engorgées par de
pauvres survivants arméniens, qui ont déjà perdu la
plupart des membres de leurs familles, que de pau–
vres innocents ont été condamnés par la Cour mar–
tiale d'Adana aux galères à perpétuité, ou aux travaux
forcés de 10 à 15 ans ; combien d'autres malheureux
ont été condamnés à la pendaison par des jugements
stupides de la même Cour martiale ! Tous ces faits
furent reconnus par les députés enquêteurs et par le
gouvernement même quoique un peu tardivement,
vers le 27 juillet 1909, en faisant insérer la recon–
naissance
d'innocence des Arméniens
dans le Journal
Officiel par une circulaire grand-vizirielle.
Fonds A.R.A.M