LES TURCS ONT PASSE LA.
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à vous, leur dit-on. mais bien au Gouvernement qui
vous a gâtés à ce point-là. Vous voulez que les plus
honnêtes et les plus pieux, les Hadji et les Hodja
musulmans soient condamnés à mort ? cela vous
ferait plaisir.
»
Si telle est la façon de procéder de
la Cour Martiale d'Adana, on peut juger celle des
Commissions d'enquête fonctionnant sous ses ordres
dans les diverses villes du Vilayet. La Cour Martiale
est en relation intime avec les musulmans indigènes ;
elle ne veut pas avoir de rapports avec nous chrétiens.
I l ne lui serait pas possible d'établir la vraie justice,
car elle fait reposer ses jugements sur les anciennes
pièces d'enquête dressées par l'ancienne Cour Mar–
tiale, laquelle était composée de partisans de l'abso–
lutisme, et sur de faux témoignages portés par un
grand nombre d'anciens mouchards et par certains
témoins chrétiens qui déposèrent sous pression et
menaces ; à cause de ces faux témoignages, nombre
d'innocents chrétiens furent condamnés à la potence
ou aux travaux forcés. D'autres chrétiens condamnés
à la détention pourraient succomber dans les cachots
du fort de Payas ; d'autres sont incarcérés à Adana.
Prises de peur, nos communautés vivent dans un état
d'âme bien perplexe. Aujourd'hui l'innocence des
arméniens est claire comme le jour ; et bien que cela
soit déjà affirmé aussi par le Gouvernement i m–
périal, les arméniens restent toujours accusés de
provocation et de désordre ; et l'on voudrait que les
procès des notables prévenus arméniens aient lieu
partant de ce principe.
Les nommés Kibar Oglou Mohamet et Ismaïl, Azmi
gendre de ce dernier, Abdulkerim et sa sœur sangui–
naire Sinem, massacrèrent et firent massacrer tous
Fonds A.R.A.M