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LES TURCS ONT PASSE LA.
Vali d'Adana, lui intimant l'ordre du massacre géné–
ral, le lieutenant-colonel lui répondit :
Cet ordre
émane de Vinfâme Hamid; montrez-moi un ordre
de l'armée, je l'exécuterai
immédiatement...
et
comme un vrai patriote i l défendit énergiquement
les chrétiens de Séléfké et ne toléra point que des
crimes se commettent dans la ville.
Nous sommes fermement convaincus que tous
les actes précités furent commis par le gouverneur
Djévad bey, avec la connivence du général de divi–
sion Moustafa Remzi pacha. D'autant plus que les
massacres commencèrent par un commandement
tirez
et prirent fin par un autre
cessez,
donnés tous les
deux par le Vali soi-disant incapable et par le ramolli
Moustafa Remzi Pacha! Ce sont là, pensons-nous,
des actes ourdis et prémédités, plutôt que des preuves
d'incapacité et de ramollissement.
La cour martiale se comporte avec une indulgence
inouïe et avec clémence envers les malfaiteurs et les
coupables avérés ; tandis qu'elle agit avec violence,
mépris et emportement envers les malheureuses vic–
times, les veuves et les orphelins. Quand l'assistance
du Gouvernement devrait en de pareilles circons–
tances être réservée exclusivement aux malheureux
sinistrés, c'est tout le contraire qui se passe i c i , et
cela encourage les malfaiteurs, en causant une grande
affliction et de la consternation aux malheureux
éprouvés.
Les personnes chrétiennes qui sont appelées par la
Commission d'enquête de la Cour Martiale pour y
porter leur déposition ou pour être interrogées sur les
événements, sont menacées et insultées avec un lan–
gage inconvenable et vulgaire : «
La faute nest pas
Fonds A.R.A.M