LES TURCS ONT PASSÉ LA.
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nuerla gravité ou bien d'en changer le caractère vé –
ritable. Elle s'efforce de fermer les yeux pour ne pas
voir la vérité ou défigure les faits complètement. Elle
tâche d'innocenter tout à fait l'ex-Vali Djevad bey et
le Général de division Moustafa Remzi pacha, sous
prétexte que le premier était un incapable et le second
un ramolli. Cependant le Vali n'était pas un incapa–
ble; et nous sommes tous fermement convaincus qu'il
permit volontairement ces actes d'atrocité en man–
quant de s'acquitter des devoirs d'un Vali. Le Général
de Division Moustafa Remzi pacha n'était pas non
plus un ramolli, mais c'était un organisateur d'évé–
nements de ce genre, même dans le passé. La preuve
c'est qu'il conduisit lui-même les événements de
Marache. Est-ce dans un but politique de vouloir qua–
lifier ces gens-là, l'un
de ramolli
et l'autre
d'inca–
pable?
Nous craignons fort que la Cour Martiale,
poussée par de pareils raisonnements, ne veuille béné–
volement les innocenter complètement ou bien qu'elle
ne se borne à leur infliger une peine insignifiante. —
Et d'après ce que nous venons d'apprendre ce châti–
ment consisterait à ne plus les appeler au service du
Gouvernement pendant quelques années. — Cepen–
dant i l est à noter que les susdites personnes sont
non seulement les provocateurs en chef et les organi–
sateurs principaux des événements d'Adana, mais
aussi la cause absolue de l'extension du mouvement
criminel dans les autres parties du Vilayet par les dé–
pêches compromettantes et excitantes qu'ils lancèrent
partout. Seulement le Mutessarif de Mersine et le
lieutenant-colonel de Sélefké n'obéirent pas à leurs
ordres. Lorsque le Mutessarif de Sélefké a montré au
susdit colonel les trois dépêches qu'il avait reçues du
Fonds A.R.A.M