LES TURCS ONT PASSÉ LA.
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tâchait d'arrêter ces provocateurs,
le
Vali Djevad,
tout en sachant même que les bruits répandus étaient
absolument faux, ne faisait aucun effort pour les
démentir et pour en réprimander les auteurs.
Encouragée de cette indifférence du Vali, la horde
se mit en marche et massacra devant la tour de l'hor–
loge le nommé Loutfik, ouvrier maçon. Ensuite, elle fit
des démonstrations, contre lesquelles le Gouverneur
ne montra aucune activité.
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° Dans la matinée du mercredi 1/14 avril 1909,
les chrétiens étaient dans l'hésitation pour ouvrir
leur boutiques, parce qu'ils voyaient que les musul–
mans, tant au marché que dans les rues, portaient le
turban blanc et qu'ils étaient armés et munis de
gourdins. Djevad bey au lieu de faire disperser ces
attroupements, fit appeler chez lui les chefs spirituels
et leur recommanda de faire ouvrir aux chrétiens
leurs boutiques. Cela relève clairement le but auquel
tendait les agissements du Vali : 2° A ce moment là
on avait demandé à Djevad bey d'envoyer un déta–
chement de soldats pour disperser la foule. Le Vali
tout en affirmant que cette proposition était juste
et logique renonça à son exécution ; 3° Les sentinelles
placées dans la matinée du même jour par Rifaat bey,
major de la gendarmerie, pour la sûreté du marché,
furent enlevées par l'ancien Alay bey. I l est inutile
d'expliquer le but auquel tendait cette mesure ; 4° Le
même jour, au moment où Abd-ul-Kader eff. et son
fils Abd-ul-Rahman eff. ainsi que Guerguerli zadé,
Ali eff. et David eff. Ourfalian travaillaient, confor–
mément aux ordres du Vali, à faire ouvrir aux chré–
tiens leurs boutiques, le dit David eff., à
peiDe
qu'il
avait quitté ses compagnons musulmans, fut mas-
Fonds A.R.A.M