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LES TURCS ONT PASSE LA.
sacré sur la place
(1).
Comment pourrait-on expliquer
ce meurtre ? 5° Au même moment, quand on forçait
la première boutique pour la mettre au pillage, le
Vali Djévad bey et Moustafa Remzi pacha regar–
daient la scène avec une indifférence complète, ce
qui redoublait le courage des pilleurs ;
6
°
Encore le
même jour, on massacra en présence même du Vali
le nommé Artin eff. Chadrikian, membre de la Muni–
cipalité, ainsi qu'un autre employé du bureau des
cadastres, Mazoub eff., sans que Djévad bey s'y soit
opposé en quelque sorte ;
7"
Le même jour, Khatib
eff., gendre de Cazaz ;zadé, Muchteba eff., Dabbagh
zadé A l i eff., et une grande foule de bachi-bouzoucks
accoururent vers le Konak en s'écriant. « L'Islamisme
n'existe plus ; les Guiavours assassinent nos femmes
et nos filles ; donnez-nous des armes. » Ils demandèrent
au Vali,
à
Moustafa Remzi pacha des fusils Martini.
Leur volonté fut exécutée immédiatement et les
mêmes facilités furent accordées pour les dépen–
dances d'Adana.
9
° Les pauvres chrétiens qui s'efforçaient à éteindre
les incendies dont leurs maisons devenaient la proie,
furent atteints des balles de Maûser lancées par les
hauteurs des minarets, par la tour de l'horloge, par
les hautes maisons des musulmans, ainsi qu'à travers
des tuiles couvrant le toit de l'école des Arts et Mé–
tiers, et cela dirigé par Guerguerlizadé. Ce fait
constitue non seulement un acte d'injustice, mais
aussi un argument convaincant au sujet des provo–
cateurs des événements funestes.
(1)
N.-B.
David Eflendi Ourfalian, fut la première victime
des événements d'Adana. 11 a été assommé par ordre supérieur.
Fonds A.R.A.M