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LES TURCS ONT PASSÉ LA.
servit de prétexte à certains perturbateurs afin
d'agiter toute la population musulmane contre les
chrétiens.
6
° Après cet incident, les musulmans se rassem–
blaient toutes les nuits et se promenaient en foule
dans les rues en répandant la terreur parmi la popu–
lation chrétienne.
Dans la nuit du 30 mars 1325 (12 avril 1909),
M
c
Chambers et le pasteur Hampartzoum Achdjian,
se rendirent, en compagnie du D
r
Hampartzoum
Salébian, chez le gouverneur Djévad bey, pour attirer
son attention sur ces faits et pour lui demander que
des mesures de précaution soient prises à cet effet.
Le Vali les rassura en disant : « N'ayez pas peur, i l
n'y a rien » ; mais i l n'entreprit aucune mesure pour
le maintien de l'ordre.
7
° Dans la soirée du 31 mars 1325 (13 avril 1909)
une nombreuse portion de la population musulmane
s'était réunie devant le Konak pour délibérer au sujet
de l'organisation d'un massacre des chrétiens et
d'un grand ravage. Dans cette multitude d'hommes
se trouvaient le Vali Djévad bey ; le général de divi–
sion Moustafa Remzi pacha, Bagdadi zadé Abd-ul-
Kader, Guerguerli zadé A l i , le directeur de la police
Cadri bey, le commissaire de police d'Adana, Dab-
baghzadé Hadji A l i eff., Hamali zadé Mouhammet
eff., etc., etc., Quelques-uns de la foule excitaient
par des calomnies et des mensonges la population
musulmane. « 11 faut massacrer les
guiavours,
criaient-ils, parce qu'ils ont assassiné dans les
vignes deux musulmans et ont commis d'autres mé –
faits ».
Et tandis que le directeur de la police, Cadri bey,
Fonds A.R.A.M