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LES TURCS ONT PASSE LA.
tiens que je rencontrai d'ouvrir leurs boutiques con–
formément aux ordres du gouverneur. En ce moment,
deux chrétiens blessés furent transportés au
Konak,
tandis qu'on semblait ne point se préoccuper des
musulmans qui les avaient blessés.
Cette situation se prolongea pendant quelque
temps. Puis, dans différents endroits de la ville et au
même moment vers les
5
heures à la turque, commen–
cèrent la fusillade, les massacres et le pillage. David
effendi Ourfalian, membre de la Cour d'Appel, qui
travaillait par ordre du vali à faire ouvrir les bouti–
ques, et Artin effendi Chadrikian, membre du Conseil
municipal, furent massacrés les premiers, l'un sur la
place du marché et l'autre dans le local même de la
Municipalité. Ensuite commencèrent le massacre
général, le pillage des biens et l'incendie.
1
° Le fait de marquer les magasins des chrétiens
pour pouvoir les discerner au cours du pillage de
ceux des musulmans, nous fait supposer que les évé–
nements étaient préparés d'avance.
2
° Le port du turban blanc, comme signe distinctif
pendant toute la durée des massacres, par les fonc–
tionnaires civils et judiciaires ainsi que par toute la
population, nous étonna fort au premier abord, mais
nous comprîmes plus tard que c'était dans un but
intentionnel.
3
° Le pillage, l'incendie et les massacres qui ont
duré du 1
e r
au 3 avril avaient déjà presque ruiné,
tant en biens qu'en hommes, la population chrétienne
d'Adana. A la suite de notre intervention et de nos
démarches auprès des autorités locales, le gouver–
neur Djévad Bey, le général de division Moustafa
Remzi Pacha, ainsi que les ulémas et les notables de
Fonds A.R.A.M