LES TURCS ONT PASSE L A . . .
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la ville, nous promirent
sur serment
que rien ne
surviendrait plus et que les incendies seraient éteints.
Cependant, les agissements de ces personnages,
contrairement à leur promesse formelle et à leur
serment, ainsi que le renouvellement des massacres
inquiétèrent beaucoup les malheureux chrétiens qui
ne savaient plus à qui s'adresser.
4
° Quelques jours après les événements, Hatib eff.,
beau-fils de Cazazzadé et Bochakzadé Abdul Rah-
man eff. qui demeuraient parmi les chrétiens, firent
évacuer leurs maisons et se transférèrent au quartier
musulman. Ce fait ne prouve-t-il pas que ces gens-
là étaient au courant des événements qui se p r é p a –
raient pour la seconde fois parmi les musulmans ?
5
° Encouragés par les promesses et les assurances
données parle Gouvernement, le 12 avril, tandis que
nous célébrions la messe dans nos églises, le deu–
xième massacre commença par une fusillade bien
fournie dans les différents endroits de la ville et
entraîna des désastres encore plus effrayants : Les
massacres et l'incendie durèrent jusqu'au lundi
matin et transformèrent la ville en un cimetière
ravagé. Les Autorités locales avaient installé la popu–
lation chrétienne dans les vastes jardins contigus au
Konak et avaient promis de faire cesser les massacres
et les incendies.
Mais, tout au contraire, les incendies ayant aug–
menté d'intensité balayèrent complètement le restant
de nos églises, boutiques et habitations. Ce fait éga–
lement ne laisse plus aucun doute sur l'origine et le
but des événements.
6
° Le monument commémoratif de la Constitution,
élevé neuf mois auparavant, moyennant une sous-
Fonds A.R.A.M