LES TURCS ONT PASSE LA.
139
complissement de leur tâche, soit digne de ce nom.
Nous vous prions donc instamment, au nom de
l'humanité, de la justice et de l'équité, d'envoyer à
Adana, sans perdre de temps, une commission char–
gée d'étudier notre situation actuelle, de nous indem–
niser pour les pertes que nous avons subies et de
condamner à mort les fonctionnaires responsables.
A la Cour Martiale d'Adana
Nous avons l'honneur de vous porter ci-après notre
témoignage et de vous faire part de nos observations
au sujet des regrettables événements d'Adana.
Le 1
e r
avril 1909, à l'heure où une partie de la
population chrétienne se trouvait déjà dans les fermes
et vignes pour s'y occuper des travaux coutumiers,
une autre partie des habitants, qui se rendaient au
bazar pour ouvrir les boutiques, s'aperçurent que
les musulmans étaient armés et qu'ils étaient munis
de gourdins. Cette constatation les ayant effrayés, ils
se retirèrent chez eux.
Sur quoi, l'ex-gouverneur Djévad Bey, me faisant
appeler auprès de l u i , me dit qu'il n'y avait rien à
craindre et que les chrétiens devaient ouvrir leurs
boutiques pour vaquer à leurs occupations. Je crus
bon d'attirer l'attention du vali sur la foule armée, à
l'aspect effrayant, qui se rassemblait sur la place du
marché.
Ce n'est rien, reprit le vali; ils se disperseront
dès que les magasins seront ouverts.
Me basant sur la parole et les promesses du vali,
je me rendis au bazar et j ' y recommandai aux ch r é -
Fonds A.R.A.M