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LES TURCS ONT PASSÉ LA . . .
été tous abominablement massacrés. Les veuves sont
restées incapables de se procurer de l'ouvrage, en–
tourées misérablement par des centaines d'orphelines.
Nous restons pauvres et affamées, car nous n'avons
presque rien obtenu des secours à nous destinés par
le Gouvernement.
«
Pour ne pas succomber à la faim, nous avons encore
une fois recours à la commisération et à la pitié du
Gouvernement constitutionnel. »
ZEYTOUN.
I l y a eu quelques cas de décès par suite de faim ;
des souscriptions arméniennes ont été organisées
par les journaux de Constantinople pour les affamés
de Zeytoun et de Hadjine.
HADJINE.
On crie famine, on expédie dépêches sur dépêches
en demandant de quoi ne pas mourir.
Par contre l'honorable nouveau Vali d'Adana,
Djémal Bey qui a fait une tournée dans la Province
envoie une dépêche à Constantinople disant. « Dans
ma tournée je n'ai pas rencontré un seul besogneux
à Hadjine pour remettre des secours ; voilà pourquoi
les 1.000 livres turques (23.000 francs) que j'avais
prises avec moi pour distribution aux pauvres, ont été
employées par mes ordres à la réfection et à la répa–
ration des égouts de la ville. »
Voilà une anomalie très agréable. D'un côté on
meurt littéralement de faim, parce qu'on n'a pas le
sou dans la poche ; d'un autre côté le Vali qui se rend
dans cette ville, ne trouve personne ayant besoin de
secours et préfère dépenser pour des pavés et des
Fonds A.R.A.M