141
dans
la paix
ce qu'il
avait
gagné
par la
guerre.
Ce n'est pas dans ce sens que ses talents
s'exer–
cent.
La conclusion
évidente
de ces faits
semblerait
être
la suivante
:
la
Turquie
ayant,
sans
la
moindre
excuse
et sans provocation,
attaqué
de
propos
délibéré
les puissances
de l'Entente
et
ayant
été battue,
elle
a fait
retomber
sur
ses
vainqueurs
la lourde
tâche
de régler
la
destinée
des populations
variées
qui
composent
son
em–
pire
hétérogène.
Ce devoir,
le Conseil
des
prin–
cipales
puissances
alliées
et associées
désire
l'ac–
complir
autant
du moins
qu'il
concorde
avec
les
vœux
et les intérêts
permanents
des
populations
elles-mêmes.
Mais
le Conseil
constate
à
regret
que le mémorandum
fait valoir
à cet égard
des
considérations
d'un
ordre
tout différent
et
fon–
dées, sur de prétendues
rivalités
religieuses.
A
entendre
ces raisons,
l'empire
ottoman
devrait
être maintenu
intact,
non pas tant au profit
des
musulmans
ou des chrétiens
vivant
à
l'intérieur
de ses frontières,
que pour
obéir
au
sentiment
religieux
de gens qui n'ont
jamais
senti
le
joug
turc,
ou qui ont oublié
de quel poids
il pèse
sur
ceux
qui
sont contraints
de le
subir.
Mais,
à coup
sûr,
jamais
l'opinion
ne
fut
moins
justifiée
en fait.
Toute
l'histoire
de
la
guerre
démontre
qu'elle
ne
repose
sur
rien.
Quelle
peut
être
la portée
religieuse
d'une
lutte
dans laquelle
l'Allemagne
protestante,
l'Autriche
catholique,
la Bulgarie
orthodoxe
et la
Turquie
musulmane
se
sont liguées
pour
piller
leurs
voisins
?
Dans
toute
cette
affaire,
le
massacre
d'Arméniens
chrétiens
par
ordre
du
gouverne–
ment turc fut la seule occasion
où l'on pût
appré–
cier
la saveur
d'un
fanatisme
réfléchi.
Mais
Votre
Excellence
a fait
remarquer
que,
sur
Fonds A.R.A.M