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ritoriale
complète,
le mémorandum
ne
semble
pas se fonder
uniquement
sur
l'argument
que
l'on
ne doit pas obliger
la Turquie
à expier
les
fautes
de ses ministres.
Cette
prétention
a des
raisons
plus
profondes
;
elle fait
appel
à
l'his–
toire
de la domination
turque
dans
le passé
et
à l'état actuel
du monde
musulman.
Le Conseil
est désireux
de ne pas entamer
de
controverses
inutiles,
ni de causer
une peine
su–
perflue
à Votre
Excellence
et aux
délégués
qui
l'accompagnent.
Il est bien
disposé
envers
le
peuple
turc,
dont
il admire
les excellentes
qua–
lités.
Mais il ne peut compter,
au nombre
de ses
qualités,
l'aptitude
à gouverner
des races
étran–
gères.
L'expérience
a été trop
souvent
et
trop
longtemps
répétée
pour
qu'on
ait
le
moindre
doute quant
au résultat.
L'histoire
nous
rapporte
de nombreux
succès
turcs
et aussi de
nombreux
revers
turcs : nations
conquises
et nations
affran–
chies.
Le
mémorandum
lui-même
fait
allusion
à des diminutions
apportées
à des territoires
qui
étaient
récemment
encore
sous
la
souveraineté
ottomane.
Cependant,
dans tous ces changements,
on ne
trouve
pas un seul cas, en Europe,
en Asie,
ni en
Afrique,
ou
l'établissement
de
la
domination
turque
sur un pays
n'ait
été suivie
d'une
dimi–
nution
de sa prospérité
matérielle
et d'un
abais–
sement
de son niveau
de culture
;
et il
n'existe
pas non plus
de cas où le retrait
de la
domina–
tion
turque
n'ait
pas
été suivi
d'un
accroisse–
ment
de prospérité
matérielle
et d'une
élévation
du niveau
de culture.
Que ce soit parmi
les
chré–
tiens
d'Europe
ou parmi
les
mahométans
de
Syrie,
d'Arabie
et d'Afrique,
le Turc
n'a
fait
qu'apporter
la destruction
partout
où il a vaincu
:
jamais
il ne s'est montré
capable
de
développer
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