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l'Empire
ottoman
:
DELENDUM EST IMPERIUM OTTO-
MANORUM !
La juste solution de la question d'Orient, et
par conséquent la Paix en Orient, est à ce p r i x .
Qu'il y ait une Turquie, n u l ne le conteste ; mais
i l faut absolument qu ' i l y ait une Arménie indé–
pendante, formée des territoires de l'Arménie
russe et de l'Arménie turque.
*
Ce n'est donc pas une politique des partages
que nous voulons substituer à la politique de
l'équilibre, — qu i se traduisait en Turquie par
une sorte de protectorat j ur i d i que , — mais l'ap–
plication d u principe des nationalités, dont le
mérite de la proclamation pour la première fois,
revient à la Révolution Française ( i ) .
Les traités secrets de
1915
et
191
6
vont à
r e n –
contre des droits des peuples opprimés de la Tu r –
quie. Ils sont en contradiction flagrante avec les
déclarations officielles de l'Entente dont le Con–
seil Supérieur de guerre, à l'issue de la Confé-
(1)
La Constitution de
1791,
dans son titre V I , d i t : « La
Nation française renonce à entreprendre aucune guerre
dans la vue de faire des conquêtes et n'emploiera jamais
ses forces contre la liberté d'aucun peuple. »
Le même principe est proclamé dans la Constitution de
la République Française de i848 : « La République Fran–
çaise respecte les nationalités étrangères, comme elle entend
faire respecter la sienne. Elle n'entreprend aucune guerre
dans des buts de conquête et n'emploiera jamais sa force
contre la liberté d'aucun peuple. »
Fonds A.R.A.M