—
i 3 o —
seraient produites, s'écriait le
Temps
(
i ) , si les
projets turco-allemands s'étaient réalisés. Si la
«
guerre sainte » avait été prise au sérieux par
les musulmans de l'Afrique française ou de l'Inde
britannique ? ». Au j o u r d ' hu i i l y a tendance à
oublier ces vérités. Félix Le Dantec avait raison
d'écrire : « L'humanité sortira de cette guerre
de quelques années absolument identique à ce
qu'elle était en commençant, on reprendra les
vieilles traditions, les vieilles croyances à des
cho–
ses que l'on sait fausses,
et au nom desquelles on
fait plus de ma l que de bien. »
(
Savoir!
1916,
P-
7 ) -
*
* *
Le vieux dogme de l'intégrité territoriale de
l'Empire ottoman n'a pas résisté au choc de la
réalité et a fait faillite. Les Turcs eux-mêmes en
ont sapé le fondement international déclarant
nuls, le i
e r
novembre
I Ç I
6 ,
les Traités de Berlin
et de Paris q u i sauvèrent la Turqu i e en i856 et
en
1878.
I l est bien l o i n oe temps où le
torysme
anglais considérait le ma i nt i en d'une « grande
Turquie » indispensable pour sa politique mo n -
(1)
Au lendemain de la capitulation turque, le
2
novem–
bre
1918,
revenant sur la question d'Orient.
Le Temps
écrivait encore : « le soulèvement des Arabes, le massacre
1
des Arméniens, la persécution des Grecs sont des événe–
ments qu'aucune puissance au monde ne peut plus effacer.
Pour faire une paix q u i ait chance de durer, i l faut don–
ner une autre organisation à l'Orient. » Mais depuis...
Fonds A.R.A.M