A PROPOS D U THÉÂTRE ARMÉNIEN
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plus sérieux était f a i t à Moscou, par G. Ch i rma -
ghanian, q u i composa et fit jouer chez l u i une
comédie où i l s'en prenait aux types de fonc–
tionnaire arménien et de clérical c o r r ompu ; cette
pièce eut u n certain succès, mais ne f u t pas p u –
bliée.
«
E n 1845, le P. Minassian publie en arménien
classique, à Venise, une tragédie intitulée :
Khosroès le Grand,
en cinq actes et en prose.
Dans son i n t r oduc t i on , l'auteur parle de l'utilité
du théâtre et i nv i t e le lecteur à encourager les
œuvres théâtrales; i l reste toutefois hostile au
théâtre laïque. Cette sorte de manifeste marque
une date dans l'histoire d u théâtre arménien. Le
même religieux donna encore une tragédie :
Sembal
7,
dont la langue est correcte, mais o i le
sens artistique f a i t défaut.
«
Quelque d i x ans plus t a r d , Bêchigthachlian,
élève de Minassian, f a i t faire un pas en avant très
ma r quan t dans l a question du théâtre arménien.
E n 1856, i l réunit dans une école d ' Or t a -Keuy
plusieurs jeunes gens et leur distribue des rôles;
i l fait d'abord représenter
Thémistoclès,
t r a d u i t
en arménien classique par Hu rmuz i an , et
Khos–
roès le Grand
de Minassian. Le public, nombreux,
ne comprenait pas encore ces pièces. Bêchig-
T R O I S
C O N F É R E N C E S
S U R L ' A R M É N I E
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Fonds A.R.A.M