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L'oncle était si heureux de l'avoir auprès de h*U Toutefois
un chagrin intime ne cessait de le ronger. Il ve^iftre perdre
sa nièce, mademoiselle Louçaper qui était déj^sgàse vingt
taine d'années attachée comme sage-femmè*
à
l'hôpital am^
ricain de Marsivan. Après les déportations des habra
&
tô'dtt*.
cette ville, les autorités avaient réclamé le personnel arB%é
«?
fl
nien attaché
à
cet établissement. En^&épit des protestations
américaines les élèves des écoles et les infirmières de rhppi t a^
éprenaient le chemin de 'l'exil. Cependant Miss Whifo^t.e^
Miss Geitch, persistèrent à vouloir suivre leurs élèves, pro–
testant qu'elles ne consentiraient jamais à s'en séparer quoi
rf
qu'il advint. A Amassia le vali donna des ordres pour qu'on
(
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es empêchât d'aller plus loin^ mais elles passèrent outre et
î^ent si bien qu'elles purent ramener, cinquante jeunes
fiftes.
L'une d'elles nous a raconté ce qui suit : « Partout o
nous nous arrêtions, les Turcs insistaient pour nous engage
à
embrasser leur religion. Dans ces cas-là Mademoiselle
Louçaper prenait la parole pour nous, et nous remontait le
moral. Elle nous réunissait pour la prière que nous faisiaïre*
en commun. i£Èe priait
à
haute voix : — O Dieu tout Puissant,
disait-elle, toi qui' as miraculeusement sauvé Daniel de la
fosse aux lions, fais aussi que nous soyons délivrés des bar–
bares ». Mais ces derniers devenaient de plus en plus entiô^
prenants sur l'article de la conversion et se répandaient en
menaces. Les gendarmes s'étant avisés au surplus que Made–
moiselle Louçaper était la principale cause de la résistance
s'empressèrent de l'éloigner.
C'est
à
Malatia qu'on apprit son décès. Comme membre
de la Croix Rouge elle donnait au moment de la déportation
:
Fonds A.R.A.M