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était Jg^b&assard qu' on était autorisé à porter et qui consti-
tuaitm'nigfïleure sauvegarde contre l ' ex i l . Pour tout salaire
trois petite pains par j our , néanmoins l ' emp l o i
Irait fort^rechérôhé et riches ou pauvres s'y pressaient à
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Mo n entant était tombé malade, je sol l i c i tai un congé de
trois moi s que j'allais passer dans la maison de l'oncle. I l y
^vi^aiVséquestré et dans la crainte d'une arrestation toujotafrfc
auçpdue. La terreur régnait à A l e p p l u s que jamais. Jour-
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ml l emen i des flots d'exilés prenaient, sous bonne escorte, les
chemins du désert. On faisait autour stbonne garde que ceux
qu i cherchaient à s'enfuir ne tardaient ^as à être repris. J'en
a i connu un qu i s'était sauvé jusqu'à neuf fois. Dans l'intef«
valle i l errait dans les solitudes où i l se nourrissai t d'herbes
sauvages. La police, toujours en éveil, f ou i l l a i t sans répit les
maisons. Ceux qu i disposaient de quelques ressources s'en
t i raient à bon compte, si l ' on peut di re . I l convient de remar–
quer à ce propos que sans la cor rupt i on turque personne
n'aurait « échappé » à la persécution. Plus d ' un Arménien
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do i t la vie.
Les Turcs ayant f i n i par renoncer à employer des femmes
dans leurs ateliers,
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je me mis à donner des leçons én vi l l e .
Le besoin de travai l ler était 4'autant plus pressant que
Û'Amérique ayant déclaré la guerre aux Empi res du Centre
je ne recevais plus r ien de mes parents. La disette avait 1
monter le pr i x des denrées dans des propor t ions alarmantes.
I l me"fallait en outre de l ' argentpour acheter la bienveillance
des gendarmes qu i mettaient à un haut pr i x la tolérance dont
nous étions favorisés.
Je courais le cachet, tandis que la tante soignait l'enfant.
Fonds A.R.A.M