obtient la destitution du caïmacam. Les Turcs et-lççîjfcamis
ne manqueront pas de faire valoir ce trait de la justice turque
pour en faire ressortir les beautés. Es t - i l besoin d'ajouter q ^ j
le cas est unique et que de toute façon, i l ne peut avoir qu ' iu j e j
valeur anecdotique, car si les tr ibunaux se mettaient** vdrj^a
loi r puni r de semblables attentats, i l faudrait pendre non
seulement tous les caïmacams, mais tous les habitants mâles
de l*Anatolie, ou peu s'en faut.
Une femme de Sivas avait mis un enfant au monde, f n y t
d'un v i o l . Le coupable aurait bien voulu la prendre pour
femme. El le s'y refusa. I l l u i arracha alors l'enfant qu ' i l l ivra
à une nourrice turqv w pour empêcher qu ' i l fut allaité par sa
mère, et cela parce qu'Arménienne.
On sait qu'une bonne partie de la populat ion de Trébi -
zonde fut noyée dans le por t de cette vi l l e , et l ' on cite une
femme qu i entraîna avec elle au fond de l'eau son bourreau
de gendarme. A Ordôu ce fut un carnage général. Ma sœur
Thérésa fut du petit nombre de ceux qu i échappèrent au
désastre. Elle devait mour i r plus l o i n dans l ' ex i l de Samsat,
sur les bords de l'Euphrate, en soignant son ma r i atteint d*r
typhus. El le a laissé cinq orphelins à une fami l le géorgienne
d 'Ordou . Je n'en di ra i pas davantage car i l sied peu de parler
de deuils personnels en ces moments exceptionnels de misère
générale et d'immense deui l nat ional . Je me console, d'ail
s, à la pensée qu'ils sont morts avec honneur.
I l y avait à peine hui t jours que j'étais à l 'orphel inat que
mon enfant était atteint d'ophtalmie. Décidément i l fallait
décamper. Faute de mieux, je résolus de m'embaucher dans
les ateliers mi l i tai res de la
4
e
armée où les Arméniennes
étaient admises à travailler. Le seul avantage qu'on y trouvât
Fonds A.R.A.M