sur eUtXtcmte la tendrëfie que j'aurais eu pour les miens.
Da^^ f t ^ma i s on j'étais traitée sur le pied d'un hôte pour
quffibiSfedes
égards. A table j'avais la place d'honneur. En
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vie y eut été agréable et facile si je n'avais pas eu
detil
^nourrissons à allaiter. Les nuits je les passais sans
sommeil. Quand j'arrivais à endormir l'un, l'autre se réveil–
lait aussitôt. Souvent je laissais pleurer ïe;_mien pour donner
le sein* à l'autre. Seules les mères comprendront cette pénible
situation. Une insomnie prolongée
s
'
ajoutant à la nécessité
de ma condition de nourrice m'avaient épuisée au point que
j'entrevoyais le moment où il ne me serait plus possible de
continuer.
Une circonstance fortuite vint fort à propos me délivrer.
A ce moment les Turcs réquisitionnaient les maisons de la
ville les plus spacieuses pour
y
loger leurs troupes. Celle que
nous habitions fut occupée dès les premiers jours, et la ,
famille ne trouvant pas de logement vacant, dut prendre
pension à l'hôtel. Toutes les chambres étaient prises et l'on
ne trouva pas à me loger. Je pris congé de Madame Constan-
nna et encore une fois je m'adressais « au grand Baron » qui
m'envoya dans un orphelinat dirigé par le R. P. Aharon.
C'est un bâtiment assez vaste mais à ce moment i l se trouvait
encombré de plus de
7 0 0
réfugiés, composés en grande majo-
ité de petits enfants, de femmes et de jeunes filles. C'étp^
une écurie pour la saleté, si bien que les pensionnaires s
i S >
trouvaient incommodées dans leur santé. Toutes sortes d'épi–
démies germaient dans cet air empesté, principalement
l'ophtalmie qui y exerçait des ravages. Si peu hospitalière
que fut la maison, cependant les femmes qui sortaient de la
tourmente y auraient goûté le repos dont elles avaient besoin
Fonds A.R.A.M