Persécution des déportés d'Alep- _
On se réfugie dans les orphelinats
:
L
'
ENFANT
avait atteint son quatrième mois lorsque « le
grand Baron » me recommanda à une fami l le grecque
très distinguée. Mon emploi dans la maison
«
consistait à
donner des leçons d'anglais et de piano à la dame. En outre,
la nuit, j'étais chargée de donner mes soins à son bébé âgé de
deux mois, ce qu i faisait deux nourrissons à allaiter. C'était
là une besogne qu i dépassait mes forces; mais que n'aurais-je
pas fait pour éviter Beïr-ul-Zor. I l est vrai que j'avais dans
la journée de réconfortantes compensations. La dame était
charmante de caractère et nous ne fûmes pas longtemps à
nous aimer comme deux sœurs. El l e avait le goût de la
musique et, le soir, lorsque le ma r i s'absentait, je me mettais
au piano. J'interprétais des morceaux qu i s'harmonisaient
avec mon état d'âme, oubl iant tout , m' oubl i ant moi-même,
ai
oint que je finissais sous le poids de Jia fatigue par tomber
su une chaise. El le chantait sur sa guitare, avec un t imbre
de voix for t doux et mettait beaucoup de sentiment dans son
jeu. Que de fois touchée par ses mélodies, me suis-je éloi–
gnée furt ivement pour aller cacher mes larmes dans un coin.-
Son fils et sa fille avaient l'âge de mes enfants. Je reportais
Fonds A.R.A.M