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Les j ieures s'écoulaient dans de grandes pièces où i l n'y avait
^£tàç.¥Htiè&-t]ue les quatre m u a sans une chaise pour s'asseoir.
AussjfPmcjuiétude commençait-elle à nous gagner. Ce n'était
pâsfsans raison, car, sur le tard que lqu'un v i n t nous di re
que la tante avait été arrêté^ comme elle se rendait chez le
déihénagéur.
SÈÊÊ?
Nous ne savions que résoudre. Le pire est que nous n'o-*
siohs plus retourner à la maison. I l fal lut donc passer la nu i t
dans des pièces vides, dans le f ro i d de l 'hiver . Je passai la
nui t à réchauffer le bébé dans mes bras, accroupie sur une
capote que le propriétaire avait bien vou l u nous laisser ;
mais mon oncle était surtout sensible au chagr in que l u i
causait l'arrestation de sa femme. J'entrepris de le consoler
en l u i disant que je saurai bien la faire délivrer. Cependant
une nouvelle inattendue allait vite nous consoler. Lâ tante
venait agréablement nous surprendre. El l e s'était évadée en
glissant trois
medjidié (i)
à son gardien qu i la laissa par t i r .
Soupçonnée d'être une réfugiée d'Asie Mineure , on l ' avai t
arrêtée dans la rue et comme elle protestait, l'agent l'avait
traînée par les cheveux jusqu'au corps de garde.
De ce j our , n i l'oncle n i la tante n'os'èrent plus se risquer
dehors. Je pris sur mo i le soin d'aider au déménagement et
pour cacher mon identité j'adoptais le costume syrien. Les
ennuis que nous avions cru pouvoir éviter en déménageant
nous les retrouvions dans notre nouveau domi c i l e . Lor squ ' un
pol i c i er apparaissait dans le quart ier , les enfants du voisinage
accouraient nous avert ir , et l ' on allait se b l o t t i r au fond d'un
placard. Le policier monta i t et" se mettait sur un divan pour
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P i è c e en a r g en t d ' une v a l e u r de 4 f r . 25
Fonds A.R.A.M