payer chèrement les quelques service^ qu' i l s rendaient à ces
malheureux. Pol iciers turcs e t i ndi gènes s'e n téndaie n ^ p u r
les rançonner à qu i mieux mi eux .
Comme Al ep n'of frai t plus un asile sûr, les Arméniens ,
pour se soustraire aux poursui tes , avaient fini par s'arrêter à
un expédient f o r t s imple , mais qu i bien que coûteux n'of f rai t
que l'avantage de procurer une tranquillité provi so i re , p è s
qu' i l s se voyaient arrêtés, i l s déclaraient être por teurs d'ùrr
1
vésica,
revêtu de la signature de Talaat bey. L'agent ouvra i t
la ma i n pour recevoir un papier qu i por t a i t effectivement la
gr i f fe du mini s t re , mais ce papier tout-puissant n'était qu ' un
bi l l e t de banque de 5 à
10
l ivres turques.
Le délai de séjour ayant expiré, notre propriétaire fit une
démarche auprès du médecin pour l'amener à consentir à
une pro l onga t i on . Le
bakchich
(
i) aidant , i l accorda sans d i f f i –
culté le répit demandé. Cependant cette garantie ne faisait
qu' a journer le danger sans le suppr imer , outre qu'elle n'assu–
ra i t même pas le l endemain. Pou r nous soustraire à la
surveillance de la pol i ce , on décida de changer de logement .
U n indigène se faisait f or t de nous met t re en sûreté si nous
voul ions l u i doubler le p r i x du loyer de la mai son q u ' i l nous
louerait. Cet arrangement accepté, restait à résoudre la d i f f i –
cile question -du déménagement. U n autre indigène ayant
pr omi s de s'en charger, i l ne restait donc qu'à prendre pos–
session de l ' immeub l e . C'est ce que nous f îmes l 'oncle et mo i
en qui t tant la maison à la pointe du j our . I l avait été entendu
que la tante vi endra i t nous re joindre dans la soirée avec les
effets; mais la nu i t s'avançait sans que nous la vissions veni r .
(
i ) P o u r b o i r e .
Fonds A.R.A.M