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bien lui permettre de prendre place à ses côtés. Le prêtre ne
fait aucune
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ifficulté
pour accéder à son désir. Les agents
de la police laissent passer sais méfiance ce vieillard à la
mis&*brrecte et dont la mine rassurée était loin de faire
SQ'flpçonner qu'il fut un déporté évadé de la géhenne de Bab.
La sage-femme lui posa l'enfant sur les bras. Son excel–
lente conformation lui remit de la joie au cœur. I l l'embrassa
et lui donna le nom de Tzavak (Dolorès), en disant que ce
nom lui convenait, étant données les circonstances au milieu
desquelles i l avait vu le jour.
Nous n'étions pas au bout de nos peines. Je n'étais pas
encore relevée de mes couches qu'un beau jour une voiture
s'arrête à la porte et nous voyons un agent en descendre pour
nous signifier l'ordre de déportation. Nous lui montrons le
permis de séjour, sur quoi i l se retire sans dire mot ; mais à
partir de cet instant il revint régulièrement inspecter les
lieux. Ses visites nous alarmaient d'autant plus que nous
hospitalisions une famille composée de cinq personnes. A
son apparition les hommes faisaient bien leur possible pour
se cacher, mais un beau jour il pouvait emmener la femme et
les enfants qu'il trouvait là.
A Alep les visites domiciliaires avaient pris un caractère
général. Les Arméniens étaient de plus en plus traqués. On
I les arrêtait dans les rues, on les arrêtait dans les maisons. Les
hommes disparaissaient sans que les familles puissent savoir
ce qu'ils devenaient. Les jeunes filles étaient particulièrement
visées par les policiers qui les internaient dans les corps de
garde et même dans les demeures privées. Le plus triste
peut-être c'est que les indigènes en général ne craignaient
point d'exploiter à leur profit cenrégime de terreur en faisant
Fonds A.R.A.M