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vrance. « Va t'en », cne- t - i l en accompagnant son mot d'un
geste c omme ^ ' i l chassait un anjmal impo r t un .
N^ps^rSht^ons à la maison le cœur navré. A chaque
iristant
v
je me voyais obligée de m'arrêter en chemin. Les
douleurs annonciatrices se faisaient plus vives. J'arrivais
juste à temps à la maison pour donner le j our à un beau
g g&o n . Par bonheur , ^ ne portai t sur l u i aucun des stigma–
tes des souffrances endurées par la mère.
T o u t en l'enveloppant dans ses premiers langes, * ma
pauvre tante ne cessait de se lamenter au sujet de son ma r i
dont la présence nous eut été^si utile en cette circonstance et
sa joie si grande à se t rouver pa rmi nous. Sans tarder nous
dressons une nouvelle requête dans laquelle nous prévalant
de la naissance de l'enfant, nous réclamons la miseen liberté
du grand'père comme soutien de fami l l e . Par les soins du
propriétaire nous obtenons que le médecin viendrai t à la
maison pour faire les constatations nécessaires. En pénétrant
dans la pièce, i l me dévisage, puis s'écrie : « C'est donc pas
vous qui êtes venue hier ? Vra iment , voilà qu i est ext raordi –
naire. Je ne pensais pas que vous arriveriez à temps chez
vous ». Confondue par tant de cynisme, je me contentai de
l u i di re : « Docteur , vous avez été sans pitié ».
On venait de baigner l'enfant. Le prenant dans ses mains
i l le considéra avec at tent ion. Frappé par la vivacité de son
regard, i l di t : « Pour un Arménien, c'est un Arménien, oh
ou i , un vra i Arménien ». F l a i ra i t - i l déjà dans cet enfant un
futur ennemi ? Avant de m'accorder la dispense, i l exigea, je
ne sais t rop pou r quo i , qu ' on l u i remi t la pièce où i l avait
inscr i t la note malencontreuse. Cra igna i t - i l les conséquences
de son acte ? Qu i le sait ? Dans la nouvelle pièce i l écrivit
Fonds A.R.A.M