i r a i t un moyen de le sauver. Sur un avis qu i nous fut donné
eue le gouvernement était disposé à exempter de f à jmesure
de. prosc r ipt i on t out chef d e r am i l l e où se t rouvera i t u n e
femme enceinte, je présentai au va l i *une requête' dans
laquelle je le faisais passer pour mon père. Le vaLi t ransmi t
la pièce au bureau de la Commi s s i on des Déportés . Bon g r é ,
v
ma l gré, je dus m'adresser en personne à son président, cerW
au service duque l je m£ t rouva i s . Je m'at t i fais du mi eux que
je pus pensant qu'une toilette fraîche me changerait jusqu^F!
me rendre méconnaisable. Mais i l me r emi t aussitôt et sur–
pr i s , me demanda ce que je faisais là. Quelque peu déconte–
nancée, je l u i racontai mes dernières aventures : les nui t s
passées à Sébil sous la p l u i e
v
me s démarches à l'église où
j'avais eu l'occasion d'apprendre que mes parents se t r ou –
vaient à Al ep . « En f i n je suis venue vous t rouver , l u i dis-je,
pour que vous épargniez mon père. »
«
To u t ce que tu me racontes là me semble bien roma –
nesque, répondit-il, d ' un ton f ro idement scept ique: Va por –
ter ta requête au médecin attaché au service mun i c i pa l qu i
fera le nécessaire ».
Je me rendis avec ma tante à la municipalité. Grâce aux
bons offices intéressés d ' un huissier nous finîmes au bout de
sept heures d'attente par obteni r d'être int rodui t es dans son
cabinet. Le médecin pr i t mon papier et sans faire autre- -
ment at tent ion à ma personne gr i f fonna une note en marge.
La note portai t ceci : « Cette femme n'accouchera pas avant
quelques mo i s . On peut exi l er . » Outrée de ce procédé, je
reviens sur mes pas, oubl i ant tout sentiment de pudeur , j ' ad–
jure ce médecin turc de m' examiner en l u i af f i rmant que j e .
sentais à l'instant même les premières douleurs d e l à déli-
Fonds A.R.A.M