Appelant un jeune homme quJPetait là, elle le chargea de/
cherchap-i^ad^ésse de mon oncle et de l'avertir de ma pré-
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sêncç. A Âlep, comme en toute grande vi l l e , i l est difficile de
I trouver quelqu'un s$ on n'a pas son adresse. Ce n'est ue vers
lesoirque le jeune homme reparût pour m'annoncer qu ' i l avait
trouvé sa maison et qu ' i l était chargé de m'y conduire. Si
vive fut ma joie en entendant ces paroles que je sentis mes
uam$>es se dérober sous mo i . J'allais donc retrouver un père
^^etune mère au moment même où tout m'abandonnait ?
Nous mettons un certain temps à parcourir une foule de
rues. Les minutes me paraissaient des heures, si grande était
mon impatience d'arriver. Le jeune homme s'arrête devant
une porte. I l frappe. C'est ma tante qu i vint ouvr i r . Elle eut
peine à me reconnaître. Je tombe dans ses bras, tandis que
mon oncle, accouru à son tour, pleurait Comme un enfant.
C'étaient des exclamations de surprise et de douleur. « Mais
qu'as-tu pour être si décharnée et si pâle ? Où as-tu donc
ramassé cette guenille ? » Plus ils voyaient ma misère, plus
grandissait l'émotion qui les étreignait.
On me mena dans une chambre couverte de tapis.
Impressionnée par ce luxe, je fis cette réflexion que j'étais
dès maintenant bien assurée que l'enfant ne naîtrait pas dans
une écurie, et tout d'un trait je leur racontais les si tragiques
événements des derniers mois. Mes récits les impression–
nèrent au point qu'on en oublia les joies de la rencontre.
De toutes façons pouvaient-elles durer longtemps ! La
semaine suivante, l'oncle était arrêté dans la rue et conduit
sans autre formalité dans un camp de concentration formé
dans la banlieue. N'était-il pas un Arménien de Turqui e .
Cependanf la situation particulière où je me trouvais m'of-
Fonds A.R.A.M