tous atteints de typhus. Ef f rayé^ je retourne chez le prêtre,
a Mon père, luidi s - j e , je n
f
ài pu atteindre Alep*q]p^e%échajp-
pant à la mor t ; et c'est à la mor t que vous m'^flvoyezvTf
pourriez vous pas me loger ailleurs ». — « T u resteraslà o u ï
n'y restera pas; c'est là ton affaire », me d i t - i l , sans plus fair
attention à mo i .
En désespoir de cause, je retourne
à
Hokédbun. En che–
mi n , le hasard me met tout
à
coup nez
à
nez avec le chef des
gardiens du Sébil. I l me reconnaît. « Mais je t'ai vue à Sébil,
me d i t - i l , l'air sévère. Quest-ce que tu fais par i c i ? T u t'es
échappée sans doute ». Je l u i répondis posément qu'étant
malade j'avais été autorisée
à
aller en vi l l e pour me procurer
des médicaments. « Vous pensez bien, l u i dis-je, que les gar–
diens ne m'auraient pas laissé par t i r sans raison valable ».
Sans insister davantage, i l s'éloigna. Je n'étais hélas que trop
malade. Depuis les premiers jours de l'exode, les déportées
étaient plus ou moins minées par la dysenterie. Pendant
longtemps, je m'étais défendue contre le ma l , mais j'avais
f ini par y succomber comme les autres. Le terrible régime
auquel nous étions assujetties n'était guère fait pour en atténuer
les effets. Le dysenterie je l'avais traînée
à
travers les ^routes
au point qu ' i l ne me restait plus que la peau sur les os. A
l'hospice, je tombai sur une chaise, et comme je n'avais
emporté aucune provision, je restai une partie de la matinée
sans boire ni manger. J'étais hantée par l a peur des microbes
auxquels m'exposait le voisinage de tous ces cadavres. Je ne
voulais plus mour i r . Je ne savais
à
quoi me résoudre. Fa l l a i t - i l
retourner
à
Sébil ou bien devais-je chercher un refuge dans
l'écurie du riche arménien? mais l'attitude équivoque du
palefrenier Ahmed me donnait à réfléchir.
Fonds A.R.A.M