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DES MINISTRES DU CULTE»
Les ministres du culte sont désignés sous le nom
général
imams.
C'est ici le lieu de préciser le sens de
ce mot, que nous avons vu employé jusqu'à présent
dans deux ou trois acceptions différentes.
Imam,
en arabe, signifie
celui qui précède, qui est à
la tête;
c'est dans ce sens que le chef de la commu–
nauté musulmane, le sultan, comme autrefois le kha–
life, est appelé
imam-ul-muslimin
ou simplement
imam,
l'imam par excellence ; qualification correspon–
dant à celle
d'émir,
chef ou commandant, et n'impli–
quant nullement l'idée d'une fonction sacerdotale.
On appelle également
imams,
les docteurs dont les
écrits, surtout dans les premiers siècles de l'hégire,
ont développé etfixéles dogmes et les lois de l'isla–
misme;
ceux dont on suit les doctrines.
Tels sont les
quatre grands imams orthodoxes Ebou-IIanifè, Ma-
liki, Schafii et Hanbèli.
Enfin,
imam
se dit de toute personne, quel que soit
son sexe, qui, dans une réunion de fidèles, a été choi–
sie par eux pour faire et a fait la prière, parce qu'on
la
suit
dans la prière qu'elle récite à haute voix.
Tels sont les imams atachés au service des mos–
quées ou au service particulier des grands, comme les
chapelains de nos maisons princières.
Mais ces imams ne forment pas un corps distinct et
séparé du reste de la nation, comme le clergé chez
nous. Aucune ordination ne leur confère un caractère
sacré. Appelés aux fonctions d'imams par l'autorité,
lorsque le fondateur de la mosquée n'y a pas pourvu
spécialement pour l'avenir, ils ne sont, s'il y a pourvu,
chargés de cet emploi que par droit d'hérédité, et
parce que le fondateur a désigné pour cette fonction,
comme pour tous les autres services de la mosquée,
Fonds A.R.A.M