_ 86 —
une ou plusieurs familles, quelquefois même la sienne,
à perpétuité. Rien, dans leur genre de vie, ne les dis–
tingue des autres membres du
mahallè
(
quartier). En–
gagés dans les mêmes liens, n'étant tenus à aucun acte
de renoncement personnel, ils ne font que remplir une
fonction que la personne la plus âgée d'une compa–
gnie ou le chef d'une famille remplit aussi fréquem–
ment et aussi convenablement qu'eux, et le crédit
qu'ils obtiennent dans leur quartier, s'ils en obtien–
nent, est dù tout entier à leurs qualités personnelles,
et nullement à la nature de leurs fonctions.
Les ministres (il serait plus juste de dire les fonc–
tionnaires du culte) sont partagés en cinq classes :
1
° Les
cheikhs,
chargés de ce qu'on a appelé impro–
prement la prédication. Le cheikh n'est point un mi–
nistre du culte : c'est un uléma de l'ordre des
muder-
ris
(
professeurs), qui a sa chaire dans une mosquée,
au lieu de l'avoir dans un medressè, pour obéir aux
termes de la fondation d'un vacouf (1);
2
° Les
khatibs
placés au deuxième rang parmi les
fonctionnaires de la mosquée, sont proprement les dé–
légués du sultan dans la fonction d'imam, et, comme
tels, chargés de lire, en son nom, la prière officielle du
vendredi, appelée
khoutbè,
prérogative considérée
comme un des attributs de la souveraineté (2);
(1)
Voy. Chauvin-BeiUard,
de l'Empire ottoman , de ses
nations et de ta dynastie,
p. 143.
(2)
Le
khoutbè
est composé : du
hamdètê,
louanges adressées à
Dieu, en arabe; du
salvèlé,
prières pour le Prophète; de la lec–
ture d'un passage du hadis, ou d'un sermon également en arabe,
et d'une oraison pour le sultan et son armée. Pour réciter le
khoutbè, le khatib monte sur une chaire
(
mimber)
attenant
h la
niche du
maître-autel
(
mithrab),
où le Coran est ren-;
fermé.
Fonds A.R.A.M