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trefois, il y avait peine de mort. Quant à l'erreur, elle
n'est guère possible, la solution de presque tous les
cas se trouvant dans les anciennes collections de fetvas
depuis les premiers disciples du Prophète, et dont le
nombre est si considérable, que déjà Toderini en comp–
tait cinquante-cinq gros volumes dans la seule biblio–
thèque de Sainte-Sophie. Il existe cinq de ces recueils,
depuis l'an 1041 jusqu'àl'an 1143 de l'hégire (1631-
1740),
dont le dernier, du docte Behdjet-Abdoullah
efendi, renferme la substance de tous les autres. En
1226 (1808),
Hafiz-Mehemmed-Kedoussi publia en turc
et en arabe un nouveau recueil, imprimé en 1822, à
Constantinople, qui est à la fois comme l'abrégé et le
commentaire des recueils précédents, et dont les ma–
tières sont toutes classées, dans l'ordre des six Codes
dont se compose la jurisprudence ottomane (religieux,
politique, militaire, civil, judiciaire, pénal), en qua–
rante-cinq livres (1). C'est ce même recueil qui est
employé aujourd'hui dans les tribunaux comme com–
mentaire ou développement du Code général des lois.
Il y a un mufti par chaque juridiction de caza, ex–
cepté pour les villes de Brousse et d'Àndrinople, qui
relèvent directement de la capitale. Nommés à vie,
comme je l'ai dit, ne pouvant plus prétendre aux gran–
des charges de la judicature, ils n'ont d'autre avan–
cement à espérer que de passer d'une ville dans une
autre plus considérable avec des appointements plus
forts.
(1)
Voy. le compte rendu que M. Bianchi a donné de cet ou–
vrage dans le
Journal asiatique
de mars 1824. Il existe un
exemplaire imprimé du recueil de Kedoussiaux archives du mi–
nistère des affaires étrangères. — Une autre collection de fetvas
du mufti Ali, a été imprimée, en 1830, à Constantinople. Ali était
mufti (cheikh-ul-islam) sous Mohammed IV.
Fonds A.R.A.M