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La branche judiciaire étant double, par suite de la
distinction établie dès l'origine entre les fonctions de
mufti et celles de cadi, il en résulte que l'ulèma,
dans son entier, comprend trois classes de fonction–
naires :
1
° Les administrateurs de la justice, désignés sous
le nom général de
cadis ;
2
°
Les docteurs ou interprètes de la loi,
muftis ;
3
°
Les ministres du culte,
imams.
DES ADMINISTRATEURS DE LA JUSTICE.
A cette catégorie appartiennent les naïbs, cadis, mol-
las, cazi-askers, etc., composant la totalité des emplois
ou offices judiciaires, que j'ai énumérés précédemment,
et dans le détail desquels j'entrerai plus loin (1).
DES INTERPRÈTES DE LA LOI.
Les muftis appartiennent au second degré de l'u–
lèma, et viennent, dans la hiérarchie, immédiatement
après les mollas, qui font partie du degré supérieur.
Ils forment un corps d'environ deux cents membres,
tous égaux en rang et inamovibles, dont la seule attri–
bution consiste à délivrer des fetvas destinés à éta–
blir le droit des parties devant les tribunaux. Le fetva,
en matière civile, est une sorte de consultation sur le
point en litige, dans laquelle la difficulté et sa solution
sont présentées sous la forme de demande et de ré–
ponse, tracées en petits caractères, sur une feuille de
papier longue de neuf pouces et large de quatre pou–
ces, que le mufti délivre aux parties, selon qu'elles
(1)
Voy.
Lettre
VIII.
Fonds A.R.A.M