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et Hanbèli, dont on voit encore aujourd'hui les cha–
pelles séparées dans le temple de la Mecque ; l'époque
où Baghdad, la cité merveilleuse, la maison du salut
(
dar-seîam),
le boulevard des saints
(
bourdjul-
s'élevait sur les bords du Tigre (765), non loin des
lieux où avaient été autrefois Ninive, Balbek et Pal-
myre, et, par la beauté de ses monuments, la splendeur
de la cour des khalifes, la réputation de ses écoles
fréquentées par six mille étudiants et professeurs,
l'excellence de ses poètes, les disputes célèbres de ses
théologiens, semblait devoir faire refluer la civilisation
de la Grèce et de l'Italie vers les lieux où elle avait
pris naissance. L'impulsion était donnée. On vit de
toutes parts, sur les différents points de la terre musul–
mane, des hommes se vouer à l'étude du livre source
de toute science et de toute vérité. On les appela
ulémas,
savants, lettrés, pour les distinguer d
masse du peuple, qui continua à demeurer dans l'igno–
rance et ne connaissait pas même les caractères de
l'alphabet (1). C'étaient, à l'origine, des hommes d'une
grande simplicité de mœurs, qui avaient embrassé la
science par amour, non par ambition, et qui, par la
pureté de leur vie autant que par l'étendue de leur
savoir, acquirent une grande autorité parmi les fidèles.
Ceux-ci, dépourvus des lumières suffisantes pour se
diriger eux-mêmes dans la
voie droite,
prirent peu
à peu l'habitude de les consulter dans toutes les
circonstances douteuses de leur vie religieuse et civile.
Ces circonstances., il faut le dire> étaient fréquentes.
(1)
Le simple talent délire paraissait an vulgaire si nrérîenx
et tellement extraordinaire que la langue a confervé
de cette impression en identifiant encore aujourd'hui le titre de
oooumouch
à celui de lettré ou de savant (Bore, £
lUniê
dam l'empire Ottoman).
'
Fonds A.R.A.M