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nom :
sultan Mahmoud, sultan Selim,
tandis q u e ,
pour les femmes, il vient après :
Esma sultan
(
la
sultane Esma),
validé sultan
(
la sultane mère).
Khan
est d'origine tatare et signifie la même chose
que
haut et puissant seigneur.
On commença à en faire
usage dans la Tatarie vers le V
e
siècle. Les monarques
ottomans, originaires du Turkestan, l'ajoutèrent à
leurs titres.
Je ne dis rien de la qualification de
Grand-Seigneur,
mise en vogue par les Italiens, au moyen âge, et tout
à fait inconnue parmi les Orientaux (1).
Le couronnement et le sacre, en usage chez les
monarques de l'Occident, sont remplacés, pour les sul–
tans ottomans, par la cérémonie du
taklidiséif,
ou d
l'investiture du sabre, qui a lieu le cinquième ou
sixième jour après l'avènement. Le nouvel empereur,
suivi de tous les grands dignitaires et du corps des
ulémas, se rend à la mosquée d'Eyoub, vénérée à
cause du tombeau d'Eyoub, disciple chéri du Pro–
phète ; c'est là que le cheikh des derviches
mevlévi
lui
ceint le sabre d'Osman avec les cérémonies d'usa-
ge (2).
Le sultan est le représentant et le dépositaire de
la loi ; seul chargé de son exécution, il peut même la
modifier dans certaines parties, pourvu qu'il n'en
altère pas le caractère essentiel et fondamental. Ses
ordonnances sont appelées
khatti-cherif
(
l'écriture il–
lustre), ou
khatti-humaïoun
(
l'écriture auguste), ou
simplement
khat
(
l'écriture par excellence), parce
(1)
Voy.
Pièces justificatives
II, l'énumération des titres du
sullan.
(2)
Voy.
Pièces justificatives
III, le récit de celte cérémonie
à l'avènement d'Osman III, en 1754, d'après l'historiographe de
l'empire.
Fonds A.R.A.M