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cours del'école, qui roulent successivement sur la gram–
maire et la syntaxe (arabes), la logique, la morale, la
rhétorique, la théologie, la philosophie, la jurispru–
dence, le Coran, la sunna. La mosquée qui se char–
geait de son instruction et de son logement, le nour–
rissait aussi, mais sobrement. Chaque matin, i l rece–
vait de
Vimaret
voisin (on appelle ainsi les cuisines
des pauvres et des étudiants nécessiteux) une portion
de pain et de pilau pour le reste de sa journée. Quant
aux frais de son entrelien (modique assurément), c'é–
tait à lui d'y pourvoir, soit en devenant écrivain pu–
blic
(
kiatib),
en copiant des manuscrits turcs ou ara–
bes pour les marchands du bazar, ou bien en aidant le
cayim, moyennant une légère rétribution, à balayer et
à tenir propre la mosquée. N'est-ce pas là, à la diffé–
rence près des mœurs, la vie que menaient les étu–
diants de nos anciennes universités, et dont on re–
trouve encore la trace dans les universités d'Allema-
gne?
Au bout de ces dix ou douze années, quelquefois
plus, suffisamment préparé sur les matières de l'exa–
men, i l avait été mis en possession du diplôme de
moulazim
(
candidat ) ( 1 ) , conféré par le cheikh-ul-
islam en personne, et qui forme le premier degré de
l'ulèma. A ce moment, i l avait dépendu de l u i de se re–
poser dans une. charge de naïb ou de cadi de province;
mais, sollicité par l'ambition et par le désir d'arriver
aux premières dignités de la loi, i l avait consacré sept
nouvelles années à l'étude de la jurisprudence, de la
dogmatique, de l'interprétation orale, etc., et c'est
alors seulement que, arrivé au terme de son
moulazi-
mat
ou stage, i l avait été promu, après une épreuve
(1)
Voy.
Pièces justificalivesWU,
Fonds A.R.A.M