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sultan Mohammed If, terminée par ce prince en 1470,
sur l'emplacement de l'ancienne église des Apôtres,
construite par l'impératrice Théodora ; la mosquée de
sultan Bayezid
(1505);
la
Suleïmaniiè
(1566),
fondée
par le grand Suleïman, et renfermant son mausolée
(
turbè) ; YAhmediiè,
ou mosquée du sultan Ahmed I
e r
(1605-17),
la plus imposante par ses dehors et sa po–
sition sur l'At-meïdani (l'ancien hippodrome), et la
seule, qui soit décorée de six minarets, d'où son sur–
nom de
Ally-minareli-djami
(
la Mosquée aux six mi–
narets.) C'est dans cette mosquée que le sultan a
coutume de célébrer chaque année l'ouverture du
Baïram
(1).
Les mosquées impériales ont ordinairement un
cheikh, un khatib, deux, trois ou quatre imams, douze
muezzins et vingt cayims, rétribués et entretenus sur
le vacouf. Les medsjids n'ont n i cheikh, ni khatib, et
le plus souvent, ainsi que je l'ai dit, leur personnel
est restreint à un ou deux imams inférieurs, chargés à
la fois du service et de l'entretien de la mosquée.
(1)
Il y a deux
Baïrams
ou
Beïrams :
le premier, nommé
a'id
filr
(
rupture du jeune), dure quatrejours à partirdu premier de la
lune de
chewal,
à la suite du jeûne du Ramazan, jeûne qui con–
siste dans une abstinence entière de toute nourriture quelconque,
depuis la première heure canonique du matin, commençant à
l'aurore, jusqu'au coucher du soleil; le second, commençant le
10
de
zilhidjè,
soixante-dix jours après le premier, est le
cour-
ban-Batram
ou fêle des
Sacrifices
,
ainsi appelée parce que
chaque père de famille est dans l'usage d'immoler un agneau ou
tout autre bétail, dont les restes sont ensuite distribués aux pau–
vres. Pendant les deux Baïrams tout travail est suspendu, le sul-
lan reçoit avec un pompeux appareil les hommages des différents
corps de l'Etat, cérémonie qui s'appelle
muâyèdè,
les bureaux de
la Porte sont fermés, et il est d'usage, parmi les particuliers,
de se visiter et de s'offrir mutuellement des présents.
Fonds A.R.A.M