LES FAITS
i n
vaient pu s'enfuir furent massacrés. La fuite qui com–
mença au début d'avril, quand les villages d'Alaschkert
et ceux de la plaine d'Abagha furent pillés, prit de se–
maine en semaine de plus grandes porportions.
S
c
lon
une statistique sur les massacres, il y eut, entre la
fin d'octobre 191k et le milieu de juin 1915, dans le
vilayet de Van et les districts voisins du vilayet
d'Erzéroum, 258 villages pillés et ravagés, et environ
26.000
Arméniens massacrés.
Le reste de la population
échappa par la fuite à une mort certaine. Le vilayet de
Van, qui comptait 185.000 Arméniens avant la guerre,
semble à présent vide dArméniens. Les districts du sud
du vilayet d'Erzéroum, avec environ 75.000 Arméniens,
sont dans le même cas. Ceux qui étaient restés ou qui
étaient revenus depuis le milieu de mai, lors de l'avance
des Russes, ont été évacués par les Russes lorsqu'ils
durent quitter Van pour un temps (au milieu d'août).
Tous ceux qui purent échapper à l'épée, dans les ré–
gions frontières turques, se trouvent actuellement en
territoire russe, dans la vallée de l'Araxe. Le nombre
des réfugiés qui se sont rassemblés en majeure partie
autour d'Etchmiadzin, siège du Catholicos arménien,
doit monter de 200 à 250.000. Environ 200.000 se trouvent
sur territoire russe et de 25 à 50 mille (y compris les
Nestoriens) sur territoire perse. En dehors de ceux qui
ont pu se réfugier auprès des Missionnaires américains
d'Ourmiah, c'est tout ce qui reste de la population ar–
ménienne et syrienne des vilayets orientaux et du nord
de la Perse. Nous avons quelques rapports, venant
d'Ourmiah, sur les ravages faits par l'armée de Khalil
bey et les troupes Kurdes qui s'étaient jointes à elle.
Le pasteur d'Ourmiah, Pfander, un germano-améri–
cain, écrit en date du 22 juillet 1915 :
Fonds A.R.A.M