RAPPORT DU D
R
LEPSIUS
sur la barque, elle dut retourner lo 8 août, avec les
enfants, dans la ville en feu. Le 9 août arriva Djevded
bey, qui descendit à la Mission allemande, où l'accueil–
lit sœur Kâthe, parce que tout était brûlé ailleurs. On
avait encore laissé maintes choses en ville. Les Kurdes
et les Turcs se mirent aussitôt à tout piller. Les 400 Ar–
méniens environ qui étaient restés en ville sur une po–
pulation de 30.000 âmes (c'étaient des vieillards, des
femmes, des enfants et des malades) se réfugièrent pour
la plupart dans la propriété de la Mission allemande, où
leur vie, du moins, était en sûreté. Les Arméniens que
purent encore trouver les Kurdes furent tués, et les
femmes enlevées par eux. Mais, après quatre jours, les
troupes turques quittèrent de nouveau Van. Le 14 juil–
let les Russes revinrent et, avec eux, beaucoup de fa–
milles arméniennes, Plus tard, ce changement d'occu–
pants se répéta, semble-t-il, encore une fois. Van fut de
nouveau occupé et de nouveau évacué par les Turcs. Les
Russes y rentrèrent et conservèrent Van depuis lors,
Déjà la première évacuation de Van par les Russes
était sans but apparent. Peut-être le commandement de
l'armée n'avait-il d'autre but que de retirer les Armé–
niens de Van.-Car le vieil axiome de Lobanoff-Rostowski
«
l'Arménie sans les Arméniens »' n'a jamais cessé
d'être le principe dirigeant de la politique russe envers
les Arméniens.
DÉVASTATION DES RÉGIONS DE VAN,
OURMIAH ET SALMAS
Au temps où Van était assiégé par les troupes turques,
les villages arméniens sans défense du vilayet furent
systématiquement dévastés, et leurs habitants qui n'a-
Fonds A.R.A.M