LES FAITS
n i
«
aient
les Turcs envers eux.
Un soldat turc, blessé, qui
fut porté à l'hôpital turc chez nous, se vantait d'avoir
tué vingt Arméniens. Ils nous l'abandonnèrent, mais ne
lui firent rien de plus. L'entretien des réfugiés dans ces
temps de misère et la question de savoir ce qu'ils de–
viendront sont des problèmes graves pour notre Mis–
sion, et ils deviennent de jour en jour plus graves. Ce
serait la mort pour eux, si on les renvoyait à présent ;
on doit absolument les entretenir et personne ne peut
le faire hormis nous. Le général nous a promis une
garde pour eux.
Entre temps, les affaires se mettent peu à peu en
ordre. Aram a été nommé gouverneur. Les paysans
retournent à leurs foyers. Nos 4000 hôtes nous ont quit–
tés. Nous avons ôté de nos fenêtres les appareils qui les
protégeaient. Les volontaires se sont chargés du soin
de notre second hôpital. Le travail devient ainsi plus
facile dans notre hôpital à nous ».
Tel est le rapport américain,
Un autre récit contient encore les détails suivants :
« 12.000
obus furent tirés contre la ville. Ces tirs
ne causaient presque aucune perte. Durant le jour, ils
perçaient les maisons, mais, la nuit, ils s'arrêtaient, de
sorte que les Arméniens ne perdaient pas de terrain,
mais, au contraire, ils occupèrent 20 maisons turques.
Ils prirent vraiment le dessus lorsqu'ils réussirent, le
quatrième jour, à faire sauter la caserne Hamid-agha,
et à la brûler. Ils posèrent une bombe dans les soubas–
sements de la caserne et la firent exploser. La caserne
ne s'écroula pas, mais elle s'embrasa soudain dans la
nuit. Quelques soldats périrent dans l'incendie, les
autres s'enfuirent à la faveur des ténèbres. En posses–
sion du terrain de cette caserne, les Arméniens étaient
Fonds A.R.A.M